Voici le document préparatoire envoyée par la direction en amont de la réunion.
Introduction
La réunion débute par une introduction de la DS:
Prospective = se projeter à 10 ans pour avoir une vision stratégique (le COP a plutôt une ambition opérationnelle)
Points « saillants »
– souveraineté « déterminante » : système d’observation et de production de services météo autour du SPB, outils d’aide à la décision en s’appuyant sur le capital humain
– partenariats : « en échange d’indépendance dans l’utilisation des productions » (on doit pouvoir garder une capacité d’autonomie dans l’utilisation des modèles)
– une posture plus agile
SPB :
– plus de réactivité
– fluidité opérationnelle avec des connexions en circuits courts
– être agrégateur de Vigilance
– vaut-il mieux être agrégateur ou créer de nouveaux aléas ?
Changement clim :
– nouvelle étape : après la TRACC, l’aide à la décision (passant de l’aléa aux impacts)
– travailler en partenariat : CEREMA, IGN, SHOM…
Conditions à réunir – IA :
– transition technologiques vers l’IA qui existe déjà avec les AS mais qui s’accélère, hybridation entre modèles physiques et IA
– investir dans la recherche, attirer les talents, faire preuve de plus « d’agilité » (= éviter de figer la stratégie trop tôt)
– résoudre la dette technique informatique
– développer des usages concrets
– Conscient du coût énergétique de l’IA, réfléchir à le faire de manière plus résiliente
Conditions à réunir – maîtrise de la donnée :
– maîtrise du réseau d’observations
– besoin d’une autorité publique de confiance pour labelliser des données et méthodes (« services » à l’oral) fiables
– partenariats : « pour aller plus vite et plus loin » « pour pallier les éventuelles déficiences de nos partenaires historiques » : partager les coûts mais utilisation en autonomie
Phase d’échange avec les OS
Bilan du dernier COP :
DS : Aucun objectif n’est inatteignable dans le COP, 83% d’objectif du COP (sur les 33 indicateurs des 20 objectifs sont remplis) c’est plutôt satisfaisant pour la direction. Quelques point mis en avant comme des progrès comme la politique RQTH, saluée par les cabinets des différents ministères. Il y a encore des objectifs à atteindre par exemple la vigilance, notamment infra départementale.
Question sur 3P :
CGT : Pour les collègues en CMIR, mais aussi dans les CRA, il y a encore des soucis dans les données finales produites par la chaîne de prévision et on ne retrouve pas les conclusions promises en terme d’agilité. En bout de chaine, les prévisionnistes n’ont pas la visibilité sur les rouages de la chaîne qui ne marchent pas. Comment faire mieux ?
DS : Les ateliers de la qualité de la prévision (AQP) sont une manière de faire un retex dans une démarche d’amélioration en continu, 3P est derrière nous selon la direction, notamment via le SBA mis en place après la bascule 3P.
CGT : Que veut dire agilité, pour nous cela semble être une contradiction avec l’opérationnel ? De plus la prise en compte des retours terrains semble plus compliqué depuis 10ans.
DS : L’agilité souhaitée par la direction porte essentiellement sur la manière de répondre aux attentes des clients (interne ou externe) pour leur proposer des services plus adapté et les leur produire plus rapidement. La simplification des procédures, l’optimisation du processus de qualité, la rationalisation du nombre de système. Le but final de l’agilité est le développement pour répondre à de nouveaux enjeux plus rapidement.
SPB :
CGT : Quelques exemples sur l’implantation territoriale et les difficultés rencontrées :
– nombre important de COD impossible à suivre : déclarations publiques des préfectures qui mettent finalement en porte-à-faux Météo-France
– manque de liens en amont via les référents territoriaux
DS : « il y a un manque de moyens pour les référents territoriaux »
CGT : Quelques exemples sur la production institutionnelle et les difficulté récurrentes rencontrées :
– besoin de communication dès la vigilance jaune
– la vigilance reste très déterministe
– l’infra-départementale nécessite une implantation locale forte
– « nous avons nos sources de météo privées » (préfecture en région) : comment on continue à être interlocuteur privilégié ?
DS : « comment on fait pour diffuser la culture du risque ? » // « réflexion à avoir sur l’échelle géographique de la Vigilance »
Lien avec la valorisation des données:
CGT : Comment se positionner lorsque des agences météo privées interviennent dans le SPB ?
DS : Avec l’IA il y en aura plus, pour rivaliser avec le développement des acteurs privés, il y a besoin d’une autorité de confiance publique, pour certifier observations et modèles et mettre en avant l’établissement comme organisme de contrôle des informations.
Valorisation des données:
DS : La labellisation ne concerne pas que des données d’observation mais aussi des données de prévision. La labellisation ou d’autres dispositifs visent à adopter entre autres une réflexion face au foisonnement d’offres privées.
CGT : Est-ce que la labellisation n’est pas un outil pour faire de la délégation de service publique en dépit du fait que l’établissement veut plus de souveraineté ?
Intelligence Artificielle :
=> Recherche:
CGT : L’appel de la direction du CNRM aux collègues pour aller travailler dans l’IA est une priorisation qui a été mal vécue par les collègues notamment dans sa mise en place.
S’il n’y pas plus d’ETP alloués à l’établissement, il y aura un besoin de prioriser ce qui exige que l’on réorganise au coup par coup et donc d’expliciter les raisons qui justifient de tels choix scientifiques notamment pour la priorisation des missions au sein des services liés à l’IA dans l’établissement.
DS : Dans 5 ans, c’est une question que nous nous poserons mais elle n’est pas envisagée pour le moment, il faut commencer à y réfléchir.
CGT : Il y aura besoin de reconnaître une restructuration en tant que telle car une telle démarche permet au personnel concerné de bénéficier de droits compensatoires.
=> Opérationnel
CGT : Si un arrêt d’ARPEGE est prévu, qu’est-ce qui est arrêté car ARPEGE est aussi un modèle de climat ? Est–ce que l’arrêt d’ARPEGE-climat est envisagé ? Également, lorsqu’une erreur de prévision est présente, comment modifier un paramètre modèle dans le monde de l’IA?
DS : Pour la direction, il ne faut pas arrêter ARPEGE mais il faut se réinterroger sur son existence tout les 5ans mais nos arguments sont également bien retenus.
=> Souveraineté des données:
Il est intéressant de dire qu’il faut être souverain sur nos méthodes et nos sources de données mais qu’est ce qu’il y a en terme de conditions éthiques vis-à-vis de nos partenariats.
DS :
– la législation sur les données publiques obligent à mettre à disposition les données de l’établissement
– Météo-France a assez peu de relations bilatérales, tout est réglé au niveau européen
– Météo-France a une responsabilité dans certaines relations mais pas toutes
=> Coût énergétique
DS :
– stratégie RSE : actions plus dimensionnantes
– les ressources de calcul devraient diminuer
Mesures sociales :
CGT : Nous regrettons que le document préparatoire ne fasse pas état de plus d’objectifs sur les conditions de travail du personnel notamment en matière de conseil/accompagnement qui sont moins mentionnés que dans le COP précédent.
DS : Il ne faut pas surinterpréter ce qu’il n’y a pas dans le document (ENM par exemple).
CGT : Des écarts importants sont remarqués en matière de rémunération du personnel contractuel ce qui renforce une défiance vis à vis de l’établissement. Quel niveau d’investissement peut-on attendre des agents s’ils ne sont pas prolongés en cdi/cdd ? La gestion actuelle du personnel contractuel engendre des problèmes d’attractivité pour l’établissement et impacte les services assurant une continuité 24h/24.
Formation :
CGT : Manque d’outil en terme de formation (exemple pour des services supports) / de management
Validation du COP :
CGT : Besoin de l’aide du CSM pour valider le COP recueillir leur demande. Cela soulève aussi la question du grand public et comment demander son besoin.
Résumé de nos revendications portées
Voici la liste énumérée par les différents chapitres des documents préparatoires
1. Tracer les principes de transformation de l’établissement à l’horizon 2035
– Rappel des missions de service public p2
– Rappel du besoin de budget
– Rappel des missions de service public p2
– Besoin de moyens pour l’établissement
– « La traduction de ces principes en orientations stratégiques concrètes s’inscrit dans un environnement où les ressources resteront probablement contraintes malgré les enjeux croissants liés au changement climatique. Il est néanmoins nécessaire pour l’Etablissement de disposer de moyens adéquats au niveau national. » Et au niveau régional ?
– « S’inscrire dans la complémentarité et la coordination en renforçant la coopération avec les autres acteurs publics et privés », Comment ? Réduction des organisme de la fonction publique ?
– « prioriser les actions » :
=> qu’est ce que la DG souhaite abandonner ?
=> est-ce que ça tient le coup en termes techniques ? d’organisation ?
=> ça s’appelle restructurer : il faut le reconnaître car ça ouvre des droits pour les agents
– Beaucoup de référence à l’armée
2. Apporter une réponse à la demande croissante d’anticipation et d’avertissement face à des phénomènes météorologiques plus fréquents et plus extrêmes
– Communication sur la vigilance dès le niveau jaune
– Vigilance infra, souligner le besoin des régions
– Problème des vagues dangereuses pas intégrées à la vigilance pourtant des morts chaque années
– Déjà des cas où Météo-France est en concurrence sur le SPB : cas du préfet des Bouches-du-Rhône qui fait référence à des « sources privées » lors de la situation du 21 septembre, que faire ?
– « Grande fluidité opérationnelle et connexions en « circuit court » avec les préfectures » p5 : qu’est ce que ça signifie ? est-ce que c’est la question de la présence de MF en COD, est-ce que c’est le nombre de référents territoriaux qui est en jeu ?
– Météo-France « catalyseur » : risque de vampiriser/être en concurrence avec d’autres agences de l’Etat ?
3. Anticiper et rendre nos sociétés plus résilientes face aux impacts liés au changement climatique
– absence d’axe stratégique sur la responsabilité environnementale de l’établissement
– « Si, à 10 ans, Météo-France pourrait se donner comme ambition d’être l’acteur de référence pour la consolidation de ces analyses de risques en partenariat avec d’autres acteurs publics ou privés, il ne pourra probablement pas répondre à toutes les demandes et devra prioriser avec pragmatisme les secteurs sur lesquels il interviendra », quel service va sauter ?
4. Conserver la pleine maîtrise du réseau d’observation et du système d’information pour produire des données publiques transparentes, souveraines et fiables garanties par une autorité publique de confiance
– labellisation p11
=> est-ce que c’est la mise en place d’une privatisation / délégation de service public de plusieurs activités ? (cf contexte de l’IA et de données publiques)
=> pourquoi partir sur la labellisation ? qu’est ce que ça signifie exactement, sur quelles activités ? quels effets pervers ?
– Est-ce qu’il est prévu la même chose pour des choses comme la carte de vigilance, pour ne plus que des météo amateurs la reprenne sans nous citer et la fasse passer pour leur boulot
5. Réussir la transition technologique vers l’intelligence artificielle
– stratégie scientifique / IA : phase-transitoire avec modélisation dynamique et statistique, phase-cible avec tout statistique
=> est-ce que ça tient le coup scientifiquement ?
=> quelles conséquences sur les équipes de conception/développement ? question d’interprétabilité et de débogage : quand la prévision d’un événement sera loupée, je me demande quel retour sur situation on pourra faire, où pourra-t-on chercher ce qui a manqué au modèle ou si une paramétrisation peut-être améliorée ? En terme de développement, il paraît plus compliqué d’essayer d’améliorer la prévi de tel ou tel paramètre dans un modèle IA, mais peut-être que des méthodes existeront bientôt et le permettront.
=> quelles conséquences sur les équipes de prévisionnistes ? (moins de modèles = moins besoin de personnes pour les analyser/critiquer et ça fait aussi un alpha plus simple à mettre en œuvre)
=> est-ce qu’il n’y a pas contradiction entre arrêt d’Arpège et maintien en compétence / maîtrise p16 ? dans ce passage la direction parle de redondance mais c’est faux, MF alimente le code IFS également et les échanges scientifiques sont importants pour continuer à progresser ; IFS a de meilleures analyses car elles attendent plus longtemps les observations, les prévisions ARP sont produites plus tôt pour être plus vite utilisées. Il y a donc aussi la question de la mise à disposition des données à une heure dite. + quelle qualité de la prévision finale avec 1 seul système global ?
=> demander un conditionnement social sur l’utilisation de l’IA (il y a plusieurs conditions déjà énumérées, notamment vis-à-vis du service public) notamment dans son usage pour des missions administratives
6. Diversifier nos partenariats dans un contexte d’incertitudes tout en garantissant le nécessaire maintien de la souveraineté nationale
– bon point : la direction semble lucide vis-à-vis de la concurrence avec les GAFAM (IA, moyens de calcul, moyens de diffusion…) et des risques que ça fait poser
– ce qui implique + de dépendance envers d’autres Etats : besoin de chercher à trouver des pistes pour assurer la souveraineté
– partenariats : pas de réflexion sur la dimension éthique
=> on rappelle notre demande d’arrêter les partenariats scientifiques avec Israël
=> manque un lien avec la nécessaire transition écologique et l’impact écologique de la réalisation de certaines productions à l’étranger
7. S’appuyer sur le capital humain et l’expertise comme ressources stratégiques et levier de différenciation du positionnement de Météo-France
– conseil / accompagnement sont moins mentionnés
– quasi rien sur les conditions de travail à ce stade
– bon point : favoriser la formation continue / reconnaître l’expertise humaine
– comment MF fait pour ne plus perdre de marchés ?