Tour de France – Pech David, 16 juillet 2025 – Non, à la privatisation rampante de l’assistance météo pour le Sport

La casse du service public volontairement organisée, on en a bien fait les frais à Météo-France ces dernières décennies. En 15 ans, c’est un tiers des effectifs qui ont été supprimés, c’est-à-dire 1200 postes environ, notamment des postes de prévisionnistes. Donc forcément les revendications de la CGT-CHU pour donner davantage de moyens matériels et humains aux services publics, on les porte aussi à Météo-France. Pourquoi ?

Déjà, parce que Météo-France, en faisant la prévision de la météo et du climat, c’est l’ensemble des agents de l’établissement qui, par leur travail, garantissent la sécurité des personnes et des biens à court et long terme. Prévoir la météo, notamment lors de catastrophes naturelles, c’est ni plus ni moins que faire en sorte que la santé des éventuelles sinistrées soit la plus épargnée possible.
Selon les données de Santé publique France, près de 33 000 décès sont attribuables à la chaleur entre le 1er juin et le 15 septembre de chaque année, dont 23 000 décès de personnes âgées de 75 ans et plus. Parmi les décès, 28 % ont été observés pendant les canicules.
Localement, la Haute-Garonne est l’un des départements de France où la population croît le plus rapidement, or aucun moyen n’est donné au secteur médico-social pour pouvoir assurer le suivi de ces personnes. En résumé, qu’on se le dise, sacrifier la qualité des prévisions météo, c’est sacrifier des vies.
Court aparté sur les Antilles parce que la France ce n’est pas que l’Hexagone. On va aussi pouvoir décrire le projet éclairé de l’extrême-droite. Dès le 31 juillet, Trump et le gouvernement américain arrêteront de partager, notamment à la France, les images satellites qu’ils utilisent pour la surveillance des cyclones, en particulier sur l’Atlantique. Autant de données que Météo-France ne pourra plus utiliser pour modéliser, suivre et prévoir les cyclones en Atlantique. La prévision à Météo-France, ce sont des modèles numériques qui tournent sur des super-calculateurs, mais c’est aussi de l’observation, dont la maintenance repose sur un personnel qualifié.
S’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est que : plus la droite et l’extrême droite sont au pouvoir, plus la sécurité, la santé et la vie du peuple sont mises en danger.
Alors que le climat continue de devenir de plus en plus hostile, notamment à cause de l’inaction climatique du gouvernement Bayrou (il n’y a qu’à voir la loi Duplomb par exemple), la droite capitaliste veut se donner, cette année, le luxe de geler les moyens alloués à Météo-France. Pire, dans le même temps, Macron agite sciemment la peur d’une guerre internationale et veut doubler le budget de l’armée d’ici 2027.
Nous le répétons, le réchauffement climatique et la casse du service publique tuent plus que la guerre sur le territoire français. 

Et s’il n’y avait que notre sécurité et notre santé sur lesquelles ils veulent faire des économies ? Bah non, ça ne leur suffit pas aux patrons, ils veulent aussi faire du profit.
Depuis le 1er janvier 2024, Météo-France doit rendre accessible gratuitement la grande majorité des données de prévision et de climat qu’elle produit. À présent, lorsque Météo-France arrive sur le marché (rappelons que c’est l’unique producteur français de données), l’établissement propose un conseil météo-climatique qui est mécaniquement plus coûteux que la concurrence privée, qui elle ne fait que fournir et n’a pas à amortir les coups matériels et humains d’observation, de développement et de recherche. Parce que oui, le budget de Météo-France ne dépend pas que de l’impôt, il dépend aussi des recettes commerciales de l’établissement.
Oui, la politique libérale imposée tel quel par l’UE à Météo-France revient à prendre l’argent des Français pour produire des données météo-climatiques, mais à les offrir sur un plateau d’argent aux patrons de boîtes de conseil privées pour qu’ils fassent du profit. Nous, on appelle ça du racket en bande organisé.
Si Météo-France est donc de moins en moins fournisseur d’expertise météo-climatique, nous alertons sur le fait que l’avenir de l’établissement est aussi en danger sur le plan de la production. Avec l’arrivée de l’IA, la concurrence se développe aussi et même internationalement avec Google qui a développé son propre modèle météo. Lorsque le gouvernement démantèle Météo-France en « gelant » avant-hier, puis en « coupant » hier son budget, c’est déjà la santé au travail des agents qui fait office de variable d’ajustement. Par ailleurs, l’établissement est alors contraint de ré-orienter le personnel qui lui reste vers des activités de recherche et développement en IA. Quitte à abandonner ses missions de conseil et expertise auprès des collectivités et des entreprises. Pendant ce temps-là, la concurrence privée et ses patrons se gavent en décrochant les contrats en conseil que Météo-France perd, comme c’est le cas avec France 2, antenne publique, qui paie la boîte privée WeatherSolutions pour ses bulletins météo quotidiens depuis le début des années 2010.
Investir dans la production en abandonnant le conseil et l’expertise. Voilà ce qu’il se passe à Météo-France.
Et dans quel autre secteur assiste-t-on à la privatisation rampante du service public météorologique, autre que dans les médias ? Le sport évidemment, et c’est pour ça qu’on est présent aujourd’hui. Jusqu’ici, l’établissement avait une équipe constituée notamment de prévisionnistes, MeteoFrance Sports, dédiée à l’assistance météo pour les événements sportifs majeurs. Pour information, ces dernières années, le Tour de France ne fait plus appel directement à nous pour les prévisions. En 2025, la direction a fait le choix de supprimer MeteoFrance Sports. Après ça, difficile d’être, à l’avenir, la référence en matière d’assistance météo dans le sport.

Ne laissons ni les patrons, ni les actionnaires faire du profit, ni sur le dos de nos loisirs, ni sur le dos de notre sécurité, ni sur le dos de notre santé. Non à la privatisation et la libéralisation du service public météo-climatique. Oui, à l’investissement matériel et humain dans Météo-France. Oui, à la nationalisation des associations et boîtes de conseil privées. 

Prise de parole de camarades de la CGT-Météo lors du passage des coureurs du Tour de France à Pech David le 16 juillet 2025.

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