En résumé : marche arrière de la Direction Générale sur ses engagements pour l’indemnité d’astreinte, formations ATSEP, plan handicap… Le compte-rendu du CSA-EP du 26 mars ci-dessous.
François Giroux et Maxime Brissard représentaient le SNM-CGT
Astreintes : confiance rompue
Cela fait plus de cinq années que la Direction Générale souhaite revoir le mode de calcul des indemnités d’astreintes. Pour cela, l’administration convoque des Groupes de Travail sur le sujet (nos comptes-rendus ici : https://snmcgt.syndicatcgt.fr/category/thematiques/astreintes/)
Pour rappel, l’administration souhaite changer les modes de calcul de l’indemnité d’astreinte mais cela entraînerait une baisse de rémunération pour une majorité des collègues concernés, et notamment les techniciens de maintenance à la DSO.
La Direction s’était engagée à ce qu’il n’y ait pas de perte financière lors d’un protocole d’accord signé en juillet 2024 mais… la parole et les écrits de la Direction n’engagent visiblement que ceux qui y croient ! La PDG ne se gêne pas à dire qu’elle ne tiendra sûrement pas ses engagements, rejetant la faute sur le fameux « Guichet Unique » de la Fonction Publique.
Notre analyse : C’est inadmissible, nous continuons à demander à ce que les nouveaux modes de calcul des indemnités d’astreinte ne se traduisent pas par une baisse de celle-ci, pour les collègues actuels comme pour les futurs collègues. L’indemnité doit augmenter pour celles et ceux qui ont des contraintes fortes : nous pensons notamment aux collègues TZO de Roissy et d’Orly qui doivent intervenir jour et nuit avec un court délai.
Nous alertons la Direction Générale qu’un conflit est en cours, qui dure depuis trop longtemps. Il bloque de surcroît la revalorisation des IPHA/BHI ! Le sujet ATSEP (voir ci-dessous), un sujet majeur pour Météo-France, vient s’entre-mêler et pourrait finir dans l’impasse à cause d’un climat social très tendu.
Par ailleurs, nous soulignons que d’autres problématiques liées aux astreintes doivent être prises en compte, comme par exemple la mise à disposition d’un véhicule de service en période d’astreinte, la reconnaissance des interventions effectuées, etc.
Formations ATSEP
Le sujet est imposé par l’Aviation Civile et Météo-France doit se conformer à leurs exigences d’ici fin 2026.
L’objectif est de s’assurer que les agents mènent des actions en toute sécurité pour assurer la continuité de service sans impact sur le trafic aérien, en lien avec l’annexe 13 du règlement 2017/373.
A Météo-France, 310 agents sont concernés : tous les agents qui participent au fonctionnement, entretien et mise en exploitation ou hors exploitation des équipements du système de fonctionnement MET. Principalement à la DSO et à la DSI mais pas seulement.
Un plan de formation et d’évaluation va être mis en place. Après une formation de base et de qualification (obligatoire pour tous, sur 2 à 3 jours en 2026), il y aura une formation continue à suivre avec évaluation régulière les années suivantes.
Une session de formation « pilote » est prévue en juin 2026 en présentiel à Toulouse puis des sessions de formation à distance avec des classes virtuelles auront lieu.
Notre avis : c’est très ambitieux de former plus de 300 agents d’ici la fin de l’année ! Quand on voit les nombreux sous-effectifs et la charge de travail en hausse partout, y compris dans le service de la formation permanente, il ne sera pas évident de dégager du temps.
De nouvelles compétences à acquérir, des évaluations à passer… mais avec quelle reconnaissance ? Pas de réponse pour l’instant de la Direction alors que, à la DGAC, ce type de qualification équivaut à un statut d’ingénieur.
Comme revendiqué également en CSA DSO tenu le même jour, nous sollicitons l’ouverture d’une discussion visant à une revalorisation ciblée significative de l’IFSE (ou équivalente pour les agents contractuels) à court terme, à hauteur de l’augmentation de responsabilités et d’expertise liée à la qualification ATSEP, qui puisse évoluer vers une requalification en catégorie A à plus long terme.
Assignation permanente des MCA de Roissy et d’Orly
Pour la CGT-Météo, l’assignation permanente d’un MCA à Roissy et d’un MCA à Orly résulte d’un argument purement commercial, déguisé sous un aspect sécuritaire par la DSAC. Nous tentons d’obtenir une copie des courriers reçus par Météo-France de la part d’ADP ou de compagnies aériennes se plaignant de l’absence de TAF sur les aéroports parisiens, mais nous faisons face à un refus. Dommage, ce refus ne fait que renforcer nos convictions !
Sujets techniques
Comité Scientifique (COMSI)
Le Comité Scientifique ne s’est pas réuni en 2025 ; le prochain devrait avoir lieu à l’automne. Face à nos interrogations, la cause de ces retards serait un problème de disponibilités des différents membres du COMSI. La Direction nous confirme qu’elle souhaite maintenir une réunion par an.
Notre avis : des réunions régulières sont indispensables dans un contexte d’importantes évolutions technologiques
Vigilance météo
Suite à la lettre des prévisionnistes demandant de pouvoir inclure en vigilance jaune un texte concis, la direction générale ne semble pas opposée à une expérimentation.
Concernant la mise en place de la Vigilance infra-départementale, nous soulignons le calendrier contraint et le besoin d’avoir quelques marges de manœuvre si des difficultés méthodologiques apparaissent.
Dysfonctionnements de l’outil Tchap
L’outil opérationnel Tchap a connu plusieurs pannes ces dernières semaines. La DSI indique qu’il y a eu un certain nombre d’incidents liés à l’opérateur télécom côté Tchap, problème traité par la DGFIP.
D’après la Direction, les interlocuteurs Tchap sont conscients de l’urgence de maintenir l’outil fonctionnel, avec une vraie prise en compte de nos contraintes. Nous demandons à ce que les solutions de secours en cas de dysfonctionnement de Tchap soient mieux identifiées et testées pour ne pas peser sur les conditions de travail en cas de panne.
Plan handicap
Quelques chiffres.
Près de 2 personnes sur 10 seraient en situation de handicap en France dont seules 1/4 disposent d’une reconnaissance administrative.
Les situations de handicap peuvent être durables ou temporaires. Toutes ne sont pas liées à la naissance, certaines peuvent être la conséquence d’un accident de la vie, y compris à l’âge adulte.
Statistiquement, 80 % des situations de handicaps sont invisibles (troubles « dys », maladies chroniques, pathologies psychiques…) et peuvent avoir des conséquences sur le comportement de la personne.
Soit parce que l’on est soi-même en situation de handicap, soit parce que cela peut nous concerner un jour, soit parce qu’un.e collègue de notre équipe est en situation de handicap, le sujet du handicap nous concerne tous.
A noter qu’à Météo-France, tous les collègues en situation de handicap ne sollicitent pas une reconnaissance administrative (parce qu’ils considèrent ne pas en avoir besoin, parce qu’il y a une phase d’acceptation du handicap mais aussi parce qu’il y a une crainte d’être stigmatisé – ce que rappelle une étude récente de l’Agefiph et de l’Apec).
Un nouveau plan d’actions handicap va être mis en place par l’établissement, dans la continuité du précédent :
– accueil et intégration des collègues en situation de handicap : informations sur les fiches de postes, travail avec des entreprises adaptées (type ESAT) dans le cadre des marchés publics et appels d’offres, recueil des besoins des collègues en situation de handicap (prévu dans le prochain plan)
– sensibilisation : des encadrant.es comme des collectifs de travail
– suivi des collègues en situation de handicap : aménagements de poste, entretiens de carrière, mise à disposition d’autorisations d’absence (ASA) pour rendez-vous médicaux (prévue dans le prochain plan), fiches pratiques (prévues dans le prochain plan)
– soutien aux agents aidants familiaux : promotion des dispositifs, dons de jours de congé (NB : il existe un actuellement un « stock », non utilité, les bénéficiaires peuvent se faire connaître), télétravail proche aidant (prévu dans le prochain plan).
Notre avis :
Le plan actuel a permis des avancées concrètes et il faut remercier les collègues impliquées pour faire avancer les choses. Mais le traitement de certaines situations « singulières » dont nous avons eu connaissance assombrissent le tableau.
De fait, l’approche de la DG semble avoir certaines limites : tendance à focaliser les politiques d’inclusion sur le statut RQTH, arbitrages qui tendent à considérer les individus comme devant être, au final, surtout « productifs », sous-estimation des impacts sur la charge de travail des collectifs de travail. Par conséquent, se sont produites des situations où des collègues en situation de handicap ont vu leur mobilité bloquée, voire pire, ainsi que des collègues non reconnus RQTH restant dans des « zones d’ombre ».
Nous demandons à ce que, lorsque c’est possible, ce soit le travail qui s’adapte à l’humain et pas l’inverse et pour cela, nous demandons :
. une plus grande « pro-activité » pour traiter les situations individuelles, notamment liées à la santé – et cela ne concerne pas que les problématiques liées au handicap
. une meilleure prise en compte des impacts sur les collectifs de travail avec notamment des moyens en effectifs pour compenser les aménagements de charge de travail
. une réelle priorité dans les mobilités pour les cas médicaux et sociaux (« l’attention particulière pour les personnes en situation de handicap » prévue dans les lignes directrices de gestion n’est manifestement pas suffisante)
. une protection pour les collègues en situation de handicap – notamment contractuels, avec un engagement de l’établissement à ne pas licencier pour inaptitude.
Nous recommandons enfin à toutes et à tous de suivre les actions de sensibilisation, en présentiel (et pas en auto-formation), pour permettre d’échanger entre collègues.
Stratégie de pilotage des ressources humaines
On se le demande parfois (souvent) : quel est le cap du navire « gestion des Ressources Humaines » ?
Même si le Directeur des Ressources Humaines quitte Météo-France prochainement, la Direction nous promet un débat en CSA en juin sur le sujet. Les problématiques ne manquent pas : nombre de recrutements, nombre de sorties d’école, démissions, mobilités, formations, moyens et outils pour les services RH…
Carrières et salaires
Régime indemnitaire
Pour rappel, des mesures de convergence indemnitaire sont en cours (part IFSE du RIFSEEP, qui concernera les 2 corps ITM et TSM). L’objectif est de converger vers des corps équivalents (IGN voire ITPE).
Notre avis : Météo-France n’est donc pas réellement le « mieux-disant » vis-à-vis de ses agents, ces mesures de rattrapage vont donc dans le bon sens. On note au passage le « deux poids deux mesures » de nos tutelles pour qui l’établissement serait parfois trop « généreux » (cf conflit en cours sur les astreintes) sans prendre en compte l’ensemble des variables.
Requalification
En 2025 54 personnes ont été reçues à l’examen IT-Pro : 38 sont sur postes requalifiés, 16 sur des postes non-requalifiés. 27 personnes ont été promues sur Liste d’Aptitude dont 25 occupaient des postes requalifiés.
Pour le concours 2026, il y a 124 inscrits dont 58 étant sur des postes requalifiés. Le jury d’admission aura lieu le 2 octobre prochain. Le nombre d’admis sera le même qu’en 2025 (54 sur concours, 27 sur liste d’aptitude).
A noter que 2026 marque la fin du dispositif de « super-booster » des requalifications.
CDIsation des contractuels
Quelques chiffres nous sont transmis. En 2025 il y aurait eu 59 demandes de CDIsation pour 33 validées. Les choix ont été faits en priorité dans les métiers où il y a des difficultés de recrutement (informatique, recherche, maintenance).
Actuellement à Météo-France il y a environ 400 contractuels dont 247 en CDI et 150 en CDD.
Face à ce nombre de plus en plus élevé, Météo-France souhaite créer une campagne annuelle pour renouveler les CDD et traiter les demandes de CDI plutôt que de traiter cela au coup par coup.
Notre avis : nous demandons effectivement plus de lisibilité et plus de transparence mais surtout un véritable plan de CDIsation et de titularisation pour les collègues qui le souhaitent.
RIPEC : Régime Indemnitaire des Personnels Enseignants et Chercheurs
A Météo-France, ce régime indemnitaire s’adresse aux directeurs et chargés de recherche.
Le Ministère a publié de nouvelles Lignes Directrives de Gestion (LDG) avec différentes primes. Cela va nécessiter une déclinaison à l’échelle de Météo-France, déclinaison toujours pas finalisée alors qu’il est demandé aux agents de réaliser un dossier d’ici fin avril afin de pouvoir bénéficier d’une prime de 3500 à 12000€ sur 4 ans.
Une note du Ministère date de début mars sur le sujet, une réunion de compréhension entre DRH et Organisations Syndicales serait souhaitable.
Dématérialisation des demandes de pension
L’Etat souhaite dématérialiser les demandes de départ à la retraite. L’imprimé de départ à la retraite sera supprimé à Météo-France au 1er janvier 2027 avec une bascule sur une solution 100 % numérique.
Au cours de 2026, Météo-France informera les agents sur la nouvelle procédure à suivre et accompagnera individuellement les personnels ayant atteint l’âge légal de départ à la retraite en 2026 et 2027.
A noter que les IPEF et corps communs DGAC ne suivront pas forcément le même processus, cela sera précisé au cours de l’année 2026.
Missions
Nous alertons une nouvelle fois la direction générale sur les tarifs proposés par le prestataire, avec dans certains cas des tarifs hauts de gamme (tarifs « Flex ») affectés aux billets de train sans que cela corresponde à la demande de l’agent. La direction générale fera remonter.
Textes réglementaires en vue des élections professionnelles de décembre 2026
Dans le cadre des élections professionnelles 2026, des textes de création et de composition des
commissions administratives paritaire doivent être publiés. Il n’y a pas de grandes modifications par rapport à la version précédente, il s’agit juste d’une mise à jour. Des ajustements sur le nombre de représentants du personnel pour la CAP TSM et CAP ITM (qui ne traitent plus des mutations), une création d’un CSA et d’une FS spécifique pour la DIRAG.
Notre avis : très peu de changements par rapport à la dernière version, c’est vrai. Une amélioration : la création d’un CSA et d’une FS DIRAG. Toutefois certaines mesures et décisions qui étaient déjà en vigueur ne sont toujours pas acceptables : suppression de l’avis des représentants du personnel en CAP dans la gestion de la mobilité des agents, périmètres de CSA trop larges, suppression des CHSCT etc.
Vote CGT : abstention
